16 17 18 Septembre 2005
 Le Bol d'Or 
Vendredi 16 - Trois heures et demie.
C'est parti de bonne heure pour les trois gaillards, qui veulent absolument être les premiers arrivés pour bénéficier d'un bon emplacement pour le campement. Direction Magny-Cours, on va prendre l'autoroute jusque Beaunes, les kilomètres défilent vite, même si la petite route des Vins des Grands Crus nous ralentit un peu, et le Nounours pense déjà que l'année prochaine en moto, ce serait une superbe balade de passer par là. Sur les coups de huit heures le Morvan est franchi dans les premières lueurs de l'aube, mais déjà un mauvais présage, sur le versant descendant de la montagne régne une bruine tenace, et plus on avance vers Nevers, plus on descend vers le circuit, plus il pleut, exactement la même chose que dimanche dernier pour aller chercher le bois, plus on approche et plus la flotte redouble de violence, on ne voit même pas le paysage.
On arrive sur le circuit vers les neuf heures moins le quart, et même si il y a déjà quelques tentes installées, les prés du camping sont encore quasiment déserts et on a vite fait de se choisir un bon endroit, pas loin du circuit, mais pas non plus tout à côté du patacaisse de l'entrée. Ce sera sous la grande flotte que tout le campement sera monté, on était complétement lessivés, trempés, mais avant midi toutes les affaires étaient à l'abri, la tonnelle était fermée, le grand panneau avec le logo des Kiléva vissé sur un cadre de liteaux et attaché solidement sur le côté du petit camion.
Petit à petit les gens arrivent et les abris poussent dans tous les coins, on observe alors avec attention certains des monteurs, qui paraissent être plus rapides que nous, mais ce n'est qu'un feu de paille, ils ne tiennent pas la distance, et mettent bien longtemps pour finaliser leur installation. Donc pour le moment on vote Premier pour l'installation : Le Bill - Et notre panneau avec le logo se voit de partout, bien joué ! Les premiers zigotos avec leurs bagnoles déglinguées commencent à tourner dans les allées, bruit et fumée garantis, et comme il pleut toujours on va confier à Françis la tâche de nous faire à manger à l'abri sur la bouteille de gaz qu'heureusement le Bill a emmené. Car tout est installé, rien n'a été oublié sauf : la grille pour le barbecue !!! Mais le repas sera léger, il y a qu'à regarder la couleur des merguez carbonisées et le nounours sera donc interdit de toucher à une gamelle, il fera la vaisselle !
En milieu d'après-midi, il faut profiter d'une accalmie pour aller repérer sur le circuit les bons endroits pour faire des photos. On est situés sur le côté Est du circuit, au bord du virage "Adélaide". Tournent à ce moment les qualifications des motos de série du Challenge Protwin qui malheureusement ne feront pas de temps canon sur la piste détrempée, les gradins sont déserts, mais ces conditions permettent d'assister à quelques beaux virages mal négociés.
Pendant ce temps, Bill est resté dehors à discuter avec des jeunes qui passaient, puis on va ensuite décider de nous reposer un peu, nous sommes levés depuis deux heures du matin, puis il y a eu l'installation sous la flotte, on en est encore tout humide, alors un petit Dodo ne fera pas de mal. Et là donc, plus de photos, interruption de l'image, la petite sieste n'a pas duré un quart d'heure. Le vent s'est levé, des trombes d'eau, une tempête et voici notre nounours accroché après les pattes de la tonnelle, essayant de ne pas s'envoler avec, et ça s'en va à gauche, et ça s'en va à droite, derrière et devant, au secours !!!
Pas moyen, le temps qu'on arrive et tout se retrouve par terre, envolé, arraché, complétement désossé, les tubes pliés, tout emmêlé, comme sur la photo de la tonnelle d'un voisin.
La tête qu'on fait, le Bill est catastrophé, il est déjà cinq heures du soir et on commençait à peine à sécher. Mais on va pas se laisser abattre, et de nouveau, sous une flotte insensée, on ramasse déjà toutes les affaires pour les remettre dans le camion, puis on va déméler tout, récupérer ce que l'on peut et attacher l'abri après le camion. Il finit par se retrouver debout à nouveau, reconstitué et consolidé avec de la ficelle, du ruban adhésif partout, des morceaux de liteaux. On va remettre les tables, et faire du feu, il y a une remorque de bois en face, on se sert tant pis, puis Bill préparera un repas bien chaud, avec de la viande pour ceux qui arrivent un tout petit peu plus tard, à la nuit, trempés aussi, et bien fatigués !
Samedi 17 - Au petit matin gris.
Il ne pleut plus, mais tout est trempé, humide, boueux, et dans ce vent du Nord qui souffle à fond, il fait vraiment froid. Le réveil est difficile, à peine pu dormir deux ou trois heures en tout, entrecoupées par des réveils en fanfare toutes les demi heures par un gars qui a emmené une moto trail sur une remorque, sans pot d'échappement, uniquement pour faire des séances de rupteur toute la nuit, et pas de bol, il est à quelques mètres de la tente, chaque fois qu'il met en route le moteur, il faut se boucher les oreilles, sinon gare aux tympans lors des explosions. Dés le lever, Bill refait du feu, et on va à nouveau chercher du bois en face, et on en coupera suffisamment pour la journée, on fait un bon petit déjeuner, et c'est reparti pour une journée de folie. Ca commence à bailler pourtant !
Le tour du camping réserve toujours des surprises, il y a eu encore plein de monde qui s'est installé dans la nuit, et c'est de nouveau un défilé de bécanes permanent, malgré l'état des chemins. Il va y avoir du boulot pour nettoyer les machines, dans cette boue les bas des moteurs et les échappements se retrouvent dans un drôle d'état !
A l'entrée principale, les motos continuent à affluer tout au long de ce samedi matin, c'est incroyable le monde qui passe et qui repasse à l'entrée. Sur le circuit, continuent les courses annexes, il y a à ce moment une coupe des anciennes Yamaha TZ et cela donne déjà bien l'ambiance course pour laquelle tout le monde est venu. Sur ce côté on voit très bien la piste, elle est toute proche, c'est super bien, et même si il fait froid, il ne pleut pas et les motos peuvent tourner vite, les pneus arrivent à chauffer, et les machines prennent de l'angle.
Dans le campement, continuent les rondes des espèces d'engins bricolés, il y en a de toutes sortes. On continue à regarder les motos arriver, et aussi à aller compter le nombre d'abris envolés, et il y en a un paquet qui n'ont pas pris la peine de les remettre en place.
Sur les coups de midi, le frère de Bill nous rejoint, et il a emmené une grille pour le barbecue, ce sera donc reparti pour les saucisses et les merguez au feu de bois, puis quelques instants après arrive Sylvain avec sa Ducati (un tout petit peu en panne). Pour le déjeuner, on est donc maintenant au complet, donc sur ce Bol d'Or il y avait l'âne, le Bill Patrick, Nounours, Max, Xavier, Patrick et Nathalie, Dominique et Nathalie, Michel et Nathalie, Jean-Luc et Sylvain, 13 personnes à faire manger plus quatre copains qui n'ont rien et à qui on a proposé de venir se réchauffer et faire cuire leur petit repas.
Et l'après-midi, à trois heures pile, sous un ciel qui commence à se dégager, voici le départ des 24 heures du Bol d'Or vu depuis les tribunes. Quel spectacle, on ne peut pas raconter, les photos ne peuvent pas exprimer tout ce que l'on voit, ce bruit, ce bruit magnifique, ces pilotes qui attaquent aussitôt, cette ronde magique, c'est génial !
Dans le campement, une petite visite s'impose ensuite pour guetter ceux qui nous empêchent de dormir la nuit, ils ont emmené plein de moteurs, gavés d'huile et de colorant dans les carbus, avec d'énormes mégaphones, et leur concert s'entend à plusieurs kilomètres à la ronde. C'est impossible de s'approcher de ces moteurs sans avoir préalablement protégé ses oreilles, les gars qui font cela sont tous blancs, tout déglingués, la charge qu'ils doivent avoir pour tenir le coup.
Sur le soir, toujours au milieu des engins bizarres, nous voyons revenir nos voisins à qui on a piqué le bois. Ils habitent dans le coin, et ils ont préféré compte tenu des conditions météo repartir chez eux hier soir, mais aujourd'hui ils vont faire un grand feu (avec la moitié qu'on leur a laissé) et une choucroute party. Qui plus est, ils sont très sympas, on discute et je leur demande que l'année prochaine, ils fassent gaffe à nous procurer du bois qui soit un plus sec, car on a quand même eu un peu de mal au début pour allumer le feu !!!
Géniale aussi, cette virée de nuit au milieu du campement, puis une visite à ce concert d'un bassiste de Trust qui attire des milliers de personnes devant le podium. Et pendant ce temps, les motos tournent sur la piste, le spectacle est géant la nuit, avec les couleurs différentes des phares et des feux de position, et croyez-moi, le rythme ne faiblit pas, ça roule, et vite !
Dimanche 18 - Sept heures et demie.
Et voilà le soleil du matin, avec une gelée ou presque, trois quatre degrés dans un vent du Nord qui s'engouffre dans le sens du circuit. Les motos tournent, et même si le commentateur dit que c'est le moment pénible où les temps descendent un peu, c'est imperceptible, le rythme est fort et continu. Là à cette heure, les gradins sont déserts, et au sol seuls dorment des centaines de milliers de cadavres, témoins de la folie de la nuit. Tout le monde au camp dort encore, et Patrick va réveiller les citoyensKiléva à renfort de grands coups de cloche. Bien évidemment, la fête n'aurait pas été compléte s'il n'y avait pas l'intervention Bill pour la mécanique, il va essayer de faire en sorte que la Ducati reparte avec son frein arrière. Celui-ci, de Bill, on devrait le plier en quatre et l'emmener chez soi, on en a toujours besoin !
Soixante mille personnes environ ont participé à cette édition, et les deux photos ci-dessous en donnent bien la dimension, des champs de toile de tente à perte de vue, c'est quasiment la superficie d'une ville moyenne, c'est impressionnant, sur des kilomètres, plus une place, plus un mètre carré disponible pour poser sa bécane ! Et pendant ce temps là, juste le temps de se taper cinq kilomètres pour quelques photos, ça démonte à toute vitesse, et j'en suis ébahi, à peine je redescends au campement que tout est rangé quasiment, les motards d'à côté sont déjà partis, on retrouve l'herbe comme vendredi matin.
Et quelques instants plus tard, Max peut mettre le dernier piquet au feu, l'abri a été complétement ratatiné par terre, on laisse tout sur place, comme la majorité. Mais pas pire que nos voisins, eux étaient brocanteurs, et ils mettent le feu à tout ce qu'ils avaient emmené, c'est insensé, faut venir au Bol pour voir tout ce cinéma là, le gars était prêt à brûler son estafette !!! Tiens et moi qui parlait du Bill à garder précieusement dans un coin, au dernier moment voici un monsieur qui vient nous demander un coup de main, sur sa Martin, un énorme cadenas et il a cassé la clé dedans !!! Le truc impossible, cela vous arrive, vous attendez le lendemain que tout le monde soit barré pour avoir une assistance, mais il y a le Bill, et même si la chaîne est trop épaisse, même si il n'y a rien à faire avec une scie à métaux, même si la mèche de la perceuse casse en essayant de forcer le cadenas, il persiste, il persiste, il frappe, il cogne au bon endroit et tout d'un coup, il dit au gaillard, tire un bon coup sur l'anneau, au milieu, et ça y est la bécane est libérée, incroyable !
Mais vite, pas le temps de traîner, tout est bien rangé, les motos sont prêtes pour partir dans quelques heures, on va se rendre sur le bord du circuit pour assister à l'arrivée. Tous ceux qui sont là dans les tribunes paraissent fatigués, plus que les pilotes qui même dans les derniers tours, sont à fond, à fond, toujours à fond, 806 tours, le record est battu, un tour d'honneur, quelques burns sur le bord de la piste, et c'est déjà fini, tout le monde remonte dans la camionnette et on se barre. Dommage qu'il n'y a plus de place à ce moment dans l'appareil photos pour vous montrer, mais le retour sur la route jusqu'Autun, je vous promets que c'est aussi un grand moment, avec ces milliers de motos qui doublent, avec ces milliers de gens qui applaudissent et qui attendent au bord de la route...
Tout le monde s'en va, on regrimpe dans le camion,
et à l'année prochaine...
Normalement ce sera Max qui conduira le véhicule,
l'âne l'accompagnera,
Nounours et Bill viendront en moto,
cachez bien vos radars,
ils vont vous les faire péter !
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Françis      Max    Patrick